
Le Reflet Des Villes Lumière
Photographe phocéen, Régis
Cintas-Florès expose le fruit d'un travail réalisé entre Londres, Rome,
Marseille et Paris.
En voilà un qui a choisi de laisser
les compositions graphiques au vestiaire. De bouder le numérique et les
trucages faciles pour se contenter d'observer. Bien entendu, Régis Cintas-Florès
a trouvé son prisme. Sa façon de passer les filtres pour apprivoiser la ville.
Son truc, à lui, c'est la vitre. Celle d'un café, d'un abribus ou d'une cabine
téléphonique. Logiquement intitulée Window, l'exposition dont il nous
gratifie tout au long du mois de janvier au Virgin Café, nous promène de place
en rue, de Marseille à Paris et de Rome à Londres, en prenant soin de glisser
quelques carreaux de verre devant la réalité. "J'aime les reflets",
dit ce photographe de 38 ans né à Lyon, installé à Marseille depuis une
douzaine d'années après avoir construit sa jeunesse à Valence, dans la Drôme.
"Les reflets montrent les
choses telles qu'elles sont, sans les déformer, mais en croisant les regards.
Quand je fais du reportage, j'essaie souvent d'utiliser les reflets. Pour cette
exposition, je me suis donc attaché à suivre une méthode pendant deux ans,
comme un exercice de style rédigé à travers quelques courts voyages."
Une discipline qui l'a conduit à réaliser
un travail truffé de couleurs et de détails passionnants. Passez dix fois
devant ces trente-deux images, vous n'y verrez pas les mêmes choses. Le piéton
qui sautait aux yeux tout à l'heure s'est effacé au profit d'une cuillère à
café, d'un bateau en réduction ou d'une plaque d'immatriculation. "Travailler
en couleur demande une concentration extrême, explique-t-il. Un type en pull
rouge passe et votre regard est immédiatement attiré. Le cadrage change,
la photo perd son sens initial."
Baigné dans la photo depuis qu'il a
14 ans, Régis Cintas-Florès a jonglé avec les petits boulots avant de
s'installer en solo, en 2001. Auteur d'une dizaine d'expos dans la région et à
Paris, il prépare un reportage sur les personnes âgées avec l'Association
"Présence et Vie", aux Chartreux. En mai prochain, il accrochera à
L'Espace Culture le résultat d'une longue balade autour de Notre Dame de la
Garde.
François Tonneau. La
Provence, janvier 2004.
Exposition au Virgin Café, Marseille,
en janvier 2004. 32 tirages argentiques 40x50 et 50x70 encadrés [ Picto
Méditerranée ]. Merci
à Philippe Zerah.