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__________l a   b a l a d e   d e   N o t r e   D a m e  ( 2002 - 2004)

 

 

sainte véronique                      

  

 

Point culminant et image indissociable de la ville, la basilique de Notre Dame de la Garde veille sur la ville depuis le milieu du XIX° siècle. Les marseillais viennent s'y ressourcer et les touristes, eux, y trouvent une vue formidable sur la citée phocéenne. 

Au pied de l'édifice, devant le grand escalier, il y a cette statue : Bérénice essuyant le visage du Christ. De par ce geste, le voile qu'elle utilisa devint le Saint Suaire. La première photographie. L'image vraie (vera icona) fit de Bérénice une sainte : Véronique, Mère de tous les photographes. 

C'est le point de départ de cette suite photographique. 

Régis Cintas-Florès nous convie à un étrange voyage de découverte à travers le monument le plus célèbre et le plus visité de Marseille : Notre-Dame de la Garde. Il l’aborde sous un angle nouveau. On s’attache d’ordinaire à sa situation dominante et à l’effet architectural. On l’approche dans la perspective patiente d’un pèlerinage vers un haut lieu, dans tous les sens du terme.

La Basilique s’impose par son volume, sa découpe, portée d’un seul élan à la crête du rocher où elle s’enracine. On oublie de la regarder vraiment, dans ses moindres détails. Voilà justement ce qui a guidé le travail de Régis Cintas-Florès : révéler sous sa lumière propre ce que nous ne savons pas voir, opérer une reconstruction riche de sens nouveaux. Le photographe prend dans son objectif de petits éléments choisis avec pertinence. Il leur donne pour la première fois une réalité singulière.

Les choses se mettent à parler leur silence. Elles s’affranchissent de leur forme et de leur fonction. D’objets, elles deviennent sujets. Leur existence se manifeste dans l’exploitation esthétique du contraste entre la partie et le tout. Cet art s’apparente, par certains aspects, au Pop Art. Il s’en éloigne cependant en ce qu’il n’utilise pas de produits impersonnels pris dans la société de consommation afin d’en opérer un détournement. D’autres ambitions le guident : dégager la dimension spirituelle de la matière, sa vie intérieure. Attentif aux vibrations infimes qui se fondent dans le chœur, Régis Cintas-Florès tente de les apprivoiser par la magie de l’image et d’en livrer une lecture possible.

Autant de clés qui jouent dans les serrures de l’obscur. 

Jean-Max TIXIER

 

Extraits de l'Exposition à l'Espaceculture, Marseille. Eté 2004. 25 tirages argentiques 20x30 encadrés. Parution dans Marseille l'Hebdo.

 

 

 

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